C’est bientôt le couché de soleil sur Sherbrooke. Je suis assis sur la balancelle dans la cour arrière. Deux voisins sont là. Ils discutent de la difficulté que l’un d’entre eux semble éprouver vis-à-vis d’une partenaire de travail. Mais mon attention est ailleurs. Je suis là pour prendre un moment pour moi, en retrait du monde. J’entends, je comprends ce qu’ils se disent mais je ne m’y intéresse pas. Je n’écoute pas. En ce moment, je suis attentif à autre chose qui me ramène dans un ailleurs : j’écoute ma respiration.

Je m’isole. Je me dissocie de mon état de conscience ordinaire et me coupe de l’agitation du monde, de mon esprit et de mes pensées. Je fixe mon attention sur ma respiration. J’observe le mouvement de mon corps au passage du souffle. Je me laisse absorber par la sensation ; la sensation d’entrer en moi, de me rapatrier dans mon corps.

Inspire…
Expire…

Ça me ramène, et je bascule dans une autre forme de présent. Un espace vaste, où la conscience de moi repose sur le sentir plutôt que sur le penser.

Inspire lentement, amplement, profondément, sans forcer.
Expire longuement. Je ne cherche rien. Je laisse faire.

L’attention fixée sur le passage du souffle qui traverse mon corps, je pénètre le domaine de l’intériorité à la rencontre de la partie de moi qui ne se voit pas, et qui souvent échappe à ma conscience.

Imprégnés de leur conversation, l’un de mes deux voisins me demande : «et toi Olivier, comment tu fais-quand tu as des problèmes de communication avec quelqu’un? Comment est-ce que tu vis ça ? Comment est-ce que tu solutionnes ça ?»
N’ayant pas écouté la conversation, je n’avais aucune idée du contexte de la problématique, ni des enjeux en cours. Cependant, je ressentais du respect dans l’intonation du jeune homme qui me questionnait. Alors, je reformule sa question. Je marque une pause, et je réponds :

Je n’ai pas écouté la conversation et je ne sais pas ce qui a causé la discorde dont vous parlez. Toutefois, nous sommes tous des êtres qui respirons. Or, quand je me dispose et que je prête attention à ma respiration, ça me ramène à mon corps que je ressens de l’intérieur. Ça me calme en même temps que ça me rapproche de mon centre. Je me sens tranquille, en équilibre, proche de mes ressources. Je perçois ce qui se passe autour de moi, mais je dispose d’une marge qui permet une certaine distanciation, du recule par rapport à l’environnement.

Maintenant, observe les personnes qui se chicanent. Observe-toi toi-même lorsque tu es fâché, en colère ou indigné. Ton souffle est court, limité à ta poitrine, mais tu n’en as aucune conscience. Il semble que ta conscience est emportée par l’énergie de l’évènement, dans une dimension loin de ton centre, loin de tes ressources, dans ton mental. Là, tu voudrais que l’autre change pour que tu ne ressentes plus cette émotion désagréable, parce que ça te coûte beaucoup d’énergie.

Quand tu es attentif à ton souffle, tu es branché sur ta globalité, sur ton centre. De là, tu as accès à tes ressources. Tu peux prendre de la distance par rapport à la situation, pondérer, relativiser, réfléchir, rebondir en accord avec ton identité et tes valeurs. En même temps, tu peux reconnaitre l’individualité et la différence de point de vue de l’autre. Tu peux le comprendre sans épuiser ton énergie.

Quand tu es en conflit, ta respiration devient thoracique et plus courte. Tu perds ton point d’ancrage intérieur, et ton esprit te transporte hors de toi loin de tes ressources et de ton centre. Tu perds ton énergie, et tu penses que tu dois dominer ou changer l’autre pour récupérer cette énergie. Tu te comportes à partir de ta personnalité, non avec tes ressources. Pratiquement tout le monde fait cela. C’est ainsi que l’on devient sourd et intolérant vis-à-vis du monde, des autres et même de soi-même.

Personnellement je pense qu’il n’est pas possible de prendre du recul face à un évènement déplaisant et de trouver, voir inventer des solutions pacifiques, en sortant de soi-même. C’est à dire en se laissant emporter par ses perceptions qui génèrent le courant du conflit. Relativiser, prendre du recul, puiser dans ses ressources et « s’enligner » avec ses valeurs passe forcément par une voie intérieure.

Maintenant, ce n’est pas suffisant de le comprendre intellectuellement. Se détacher de ses perceptions, et voir le monde autrement, découle d’une pratique, d’un entrainement et d’une determination à rester maitre de soi. Ne pas laisser la personnalité prendre le dessus (B. Long 1996, seul meurt la peur) est un art de vivre. Une fois qu’on est pris dans l’élan de ses perceptions, c’est difficile d’en sortir. Il faut avoir envie de changer et désirer vivre autrement.

Ensuite, je crois utile de se livrer à un entrainement sain, conçu pour réunifier le corps et l’esprit dans une pensée saine, centré sur soi et tourné vers les autres ( M. Noel, 2006, être l’auteur de sa vie). Un entrainement qui tend à libérer le corps des noeuds de l’inconscient, prendre conscience des erreurs de pensée, et se forger une personnalité forte et assumée. C’est ce que je fais avec mes clients. « Chaque personne est unique, et chaque cas est un cas particulier » (M. Noel, 2006), mais ce n’est pas obligé d’être un processus long et difficile. Il faut commencer par en avoir envie.

Je te coache si tu veux dénouer tes conflits et mieux vivre ta relation au monde, accéder à tes ressources rapidement, même en situation d’urgence, en vis-à-vis ou sur skype.
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Olivier
Automiaeute