Cette réflexion a beaucoup contribué à la transformation de mon travail. J’ai été long à percuter et oser exiger de la part de mes clients une sorte d’engagement pour eux-mêmes. Je devrais plutôt parler d’engagement intègre.

Souvent, le piège de la « non » responsabilisation du client envers lui-même, est induite par la non responsabilisation de l’accompagnateur vis-a-vis de lui-même. Je crois que le principal piège vient du fait qu’il est facile de s’imaginer qu’il suffit d’appliquer une technique pour que le changement se fasse. C’est le problème des prosélytes qui pensent que leur méthode est tellement exceptionnelle, qu’elle s’adresse à tout le monde sans questionnement. Ils s’imaginent que le fait d’évoquer le nom de leur méthode ou celui d’un grand maitre, avant même d’avoir acquis une bonne maitrise, est suffisant pour avoir des résultats. Du coup, l’accompagnateur s’enferme dans sa méthode qui sert de « faire-valoir » et prend le risque de ne pas réellement rencontrer son client et de passer à côté de l’essentiel.

Or, le vécu intérieur de la personne, son parcours, l’impact des évènements vécus, sa sensibilité, sa perceptibilité, sa vision du monde, les raisons de l’estime qu’il se porte ou pas, son caractère et sa personnalité, etc., sont des données invisibles qui restent alors au second plan, ou dans le flou de l’accompagnement. Dans de nombreux cas, notamment dans le domaine des nouvelles médecines qui font appel au toucher et à l’énergétique, et du développement personnel à tendance « new-âge », l’accompagnement n’est plus une rencontre avec le client, mais un amalgame de techniques appliquées comme des formules magiques auxquelles il manque une réflexion appuyée sur la compréhension de l’univers du client.

Implicitement, la méthode devient un objet projeté sur le client dont on attend qu’il adhère à la méthode. Cette approche est pratique et très usitée notamment chez les débutants. Elle permet aux praticiens d’éluder la nécessité de réfléchir sur eux-mêmes : « si ma méthode est renommée et/ou estimée parfaite, implicitement, je le suis aussi », et de faire l’effort d’en développer une maitrise ouverte et créative. Or accompagner les autres est un art. Pour trouver les solutions dont le client a besoin, il faut être créatif. C’est à ce niveau que les clients ont le plus besoin de leur accompagnateur.

Si vous comprenez ce premier point, le second vous semblera d’autant plus naturel et logique.

Plus haut, je proposais l’idée que la responsabilisation du client envers lui-même, est induite par la responsabilisation de l’accompagnateur vis-a-vis de lui-même.

Je m’en suis rendu compte en menant une recherche en « je » à l’université. La recherche en « je » est impliquante et contraignante. Elle permet de prendre conscience de soi dans des profondeurs inattendues, et dans des situations souvent très proches de celles de nos clients. Je dirais que cela réhumanise en « replaçant le praticien chercheur au centre de sa vie » (JM Rugira).

Or, il y a un effet miroir entre le praticien et son client. Si je prend la peine de gratter sous la surface, je trouve toujours une résonance entre lui et moi quelque soit le niveau. Cela ne veut pas dire que j’ai le même problème que mon client. Toutefois, la résonance me permet de percevoir plus profondément où il en est dans sa vie, ainsi que les multiples ressentis et croyances qui le limitent. Lorsque que je reconnais que la résonance touche une problématique qui me concerne, ou qui me concernait autrefois, je suis capable de me distancier du problème, et me faire une image plus claire de sa difficulté. Par ailleurs, cela limite l’effet de projection du praticien sur le client et vice-versa.

La difficulté n’est pas le problème lui-même, mais les mécanismes inconscients qui lui donnent forme. Lorsque je reconnais en quoi la problématique de mon client fait écho à une situation similaire dans ma propre vie, la recherche en « je » apporte un avantage de taille. Dans mon cas, elle m’a permis de faire mes « devoirs ». C’est à dire que j’ai appris à rencontrer mon problème, à y faire face pour au moins le rencontrer et le conscientiser, sinon le solutionner. Cette démarche m’a rendu plus sensible pour déceler les ramifications de certaines difficultés dans d’autres aspects de la vie du client, alors que lui n’en a pas encore pris conscience. A partir de ce point, je peux élaborer un chemin d’évolution qui aidera à prendre conscience de soi et être responsable.

Demander à celui qui cherche de l’aide : « s’il est prêt à éliminer les causes de sa maladie – (difficulté) », est bien évidemment nécessaire. Il faut même l’exiger. Mais il est vrai aussi que le client à besoin d’un accompagnement pour réussir. S’il s’engage, je l’aiderai d’autant mieux à faire ses devoir, si au préalable, j’ai fait les miens. Je peux alors partager mes outils, mes résonances, mes encouragements ou de nouveaux points de vue utiles et aidant, parce que je connais le prix à payer s’il n’agit pas, autant que les bénéfices à en tirer s’il avance.

Je crois que « la solution à un problème est dans le – client-, pas dans la méthode, pas dans le thérapeute ou l’accompagnateur » (MJ Noël). Je crois aussi que pour soigner sa vie, il faut faire place nette pour la part inconsciente qui se cherche à travers une problématique. Je crois enfin que derrière tout problème existentiel, il y a un désir inconscient de se mettre au monde. Cela nécessite de prendre conscience de son parcours, des choix passés, des règles et des limitations que l’on s’est imposé en vain au détriment des possibilités, et enfin, être honnête avec la réalité. Or, ce n’est pas une tâche facile à cause des jeux subtiles que chacun joue avec lui-même pour se voiler la face et/ou ne pas être responsable.

Du coup, changer sa vie, lui redonner un sens, guérir une situation et faire ce qu’il faut pour y arriver, ne s’improvise pas. C’est bon de s’engager, bien entendu. Mais cela ne suffit pas. « Le changement -doit faire – partie d’ un projet qui aura un sens et des effets positifs dans la vie de la personne, et dans la vie des autres » (MJ Noël).

Pour ma part, je vois la nécessité de dépasser la vision du simple coaching. Alors je transforme le désir de changement de mes clients en un projet personnel. Un projet qui se réalise en co-création où, grâce à un entrainement sur mesure, chaque client par à la rencontre son coeur et de son esprit pour les unifier et les mettre au monde. Au final, ils sont fiers de leur réalisation parce qu’ils n’ont pas seulement obtenu la solution à leur problème. Ils se sont dépassés et ils se sont transformés.

Bref, si tu es prêt à prendre la responsabilité des causes de ta maladie ou problème, que celles-ci soient conscientes ou inconscientes, contacte-moi pour en faire un projet précis, réaliste, écologique (où toutes tes parties seront entendues), dans un délais raisonnable.