Si chacune de nos perceptions est source de plénitude, si la moindre sensation s’élargit, dilate notre être pour nous faire vivre l’instant dans un plein épanouissement, il est évident que nous ne chercherons pas à avoir plus de confort, nous n’inventerons pas de système ingénieux pour accroître notre « niveau de vie », aller plus vite, plus loin, nous distraire de toutes les façons possibles et imaginables. Pourquoi chercher un bonheur artificiel, aléatoire, alors que le présent nous offre toutes les possibilités d’ouverture sur un univers de joie ?

Alors on se contente du nécessaire et on cherche à préserver, à prolonger cette plénitude dans l’art, la poésie, la peinture, la calligraphie… chez d’autres peuples, les rituels religieux.

Pourquoi s’en faire ? Le monde est une plénitude joyeuse, intense, pleine. Et pour en prendre conscience, il suffit de vivre en intimité avec soi-même.

Eloge de la sainte paresse – Erik Sablé